Des rues animées de Montréal aux vignobles, rivières et cuisines de ferme au-delà, Greg Machray découvre une facette du Québec qui récompense la curiosité plutôt que des listes de contrôle – où des vélos volants, du cidre de glace et une tranche de chou-rave qui change la vie prouvent que le plus grand luxe de la province est la surprise…
Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez été surpris ?
Je fais.
C'était un chou-rave.
Oui, un chou-rave.
Une seule tranche de chou-rave cru.
Je ne me considère pas comme facilement surpris, et certainement beaucoup moins facilement par un légume. Pour être honnête, je ne me souviens pas s'il y a déjà eu un moment ? Une carotte violette, un chou-fleur romanesco ? Peut-être une agression par un habanero anthropomorphe à Halloween ?
Mais laissez-moi vous dire que celui-ci est sorti de nulle part, caché bien en vue sur une assiette de crudités dans un restaurant fermier à une heure de Montréal. Juteux. Presque crémeux, savoureux, un peu sucré, salé. Un chou-rave ! J'aurais été moins surpris s'il avait été lancé sur ma tête.
Nous sommes à Espace Old Mill, un restaurant de la ferme à la table à Stanbridge East, à environ une heure de Montréal. C'est un endroit sans prétention, et la visite du jardin par le chef Eric Gendron met en évidence les limites du climat canadien. C'est la fin de la saison de croissance, les dernières affres de l'abondance du jardin, et ils commencent à apporter les points forts de la saison prolongée qu'apporte le tunnel de la serre. Les ingrédients cultivés, récoltés, parfois chassés, sont la vedette ici – comprenant presque tout ce que le restaurant sert, y compris l'engagement d'utiliser le moins de techniques de conservation possible, pour laisser les ingrédients briller, sans être gênés par le marinage, la conservation ou le stockage.

Et ce n'est pas le seul restaurant axé sur les produits locaux qui constitue un point fort du sud du Québec. La cuisine indienne du célèbre chef sri-lankais Joe Thottungal (des restaurants Coconut Lagoon & Thali d'Ottawa) était exceptionnelle lors d'un événement éphémère d'une nuit seulement, quoique annuel, à la ferme Les Cocagnes à Frelighsburg. Apportant une voix sous-continentale aux produits locaux, sa truite Moilee aux douces épices du Keralan était un délice particulier. Les Cocagnes elles-mêmes sont une ferme coopérative – et un cadre merveilleux pour des événements éphémères avec des sièges en plein air autour d'un étang idyllique qui ont permis de passer une soirée mémorable.
Nous avons séjourné à proximité au Gîte La Maison Bleue à Dunham – un charmant hôtel de maison bleue au cœur de la région viticole du Québec. Je peux confirmer que l'employée du mois, la résidente Basset Hound Lily, est un hôte accompli, offrant un accueil très chaleureux auquel font écho les propriétaires Eric et Martine. Une nuit reposée à coup sûr, et un petit-déjeuner qui est une révélation : du granola maison aux fraises et myrtilles fraîches, agrémenté de fleurs de capucines du jardin. C'est le genre d'endroit où confort et hospitalité rencontrent l'authenticité.

Mais je prends de l'avance. Nous avions débuté ce voyage à Montréal, capitale belligérante et demeure des fiers Québécois. Nous avons découvert la ville lors d'une croisière en bateau électrique sur Le Petit Navire autour du Vieux-Port de Montréal, en admirant son mélange architectural patchwork de charme de la vieille ville, d'entrepôts industriels et de places culturelles modernistes.
Montréal est une ville de festivals toute l'année, et il y a de fortes chances que toute visite coïncide avec quelque chose d'excitant. Votre auteur s'y est rendu lors du Festival Juste pour rire, l'un des nombreux événements d'une programmation estivale destinée à inscrire la ville sur la carte culturelle. Festival ou pas, Luzia du Cirque du Soleil sous le chapiteau était un spectacle spectaculaire d'inspiration mexicaine qui démontre pourquoi Montréal reste le foyer mondial du cirque contemporain.

La scène des restaurants de Montréal est formidable, des déjeuners de bistro rapides aux repas haut de gamme. Des établissements tournés vers l'international côtoient des établissements traditionnels comme le café Greenspot, une institution de la rue Notre-Dame depuis 1947. Oui, votre auteur a dû essayer la poutine, avec laquelle il est difficile de discuter. C'est un bon carburant d'hiver, une sauce visqueuse versée sur des frites coupées à la main et le curieux fromage en grains grinçant adjacent à la mozzarella. Cela vaut vraiment le détour, même si je prévois soit d'organiser une visite à la salle de sport avant, soit de passer un après-midi tranquille après.
Montréal est excellente. Mais les véritables trésors du Québec se trouvent au-delà des limites de la ville. Sortez de la ville et vous vous retrouverez dans un véritable territoire d'aventure – le genre d'activités de plein air qui vous rappellent que c'est le Canada, après tout. Pour quelque chose de vraiment unique, il y a le VéloVolant au Diable Vert à Glen Sutton – une expérience de « vélo volant » où vous pédalez suspendu haut dans la cime des arbres, les plus hauts du genre au monde.

Ancré au milieu d'érables centenaires, le parcours serpente à flanc de montagne, traversant des ravins avec des vues sur la cime des arbres (et des dénivelés abrupts) à couper le souffle. À proximité, nous avons descendu la rivière Missisquoi – une expérience réelle de rivière paresseuse, même si après des avertissements stricts de ne pas traverser la frontière avec les États-Unis, une expérience comportant un petit élément de risque pour le pagayeur inconscient. Rien ne vaut un « flottement relaxant » comme la menace imminente d'un incident international.
Pour ceux qui recherchent des activités de plein air sans l’angoisse du passage des frontières, il existe d’autres options. Une promenade sur le Sentier des cimes Laurentides au Mont-Blanc offre une vue panoramique sur la canopée depuis une tour d'observation de 40 mètres de haut. Le sentier en bois surélevé de près d'un kilomètre de long s'intègre parfaitement à l'environnement et constitue une halte idéale en famille pour observer les écureuils et les oiseaux.

En parlant d'arbres et de montagnes, il existe des hébergements adaptés. L'Hôtel Mont Gabriel, à l'ouest de Montréal dans les Laurentides, est une oasis de calme et de détente. Avec son ancien segment hôtelier tout droit sorti de Twin Peaks, c'est une escapade isolée quatre saisons avec un superbe spa sur place. Voyagez encore un peu plus loin et vous vous retrouverez au lac Tremblant, centre alpin des riches et célèbres du Canada. Et quel endroit. Le Fairmont Tremblant constitue une pièce maîtresse emblématique du village piétonnier skiant en hiver et ludique en été, et un endroit idéal pour se reposer pour un peu de repos, loin de la chaleur estivale de Montréal.
Nous avons fait une croisière sur le lac Tremblant voisin, qui s'étend sur 12 kilomètres – une façon agréable de jeter un coup d'œil aux domaines riverains qui bordent ses rives. Le soir venu, il y a Tonga Lumina, une expérience de promenade sensorielle nocturne à travers la forêt avec des sentiers illuminés et des projections qui donnent vie aux histoires indigènes.

Pour ceux qui cherchent à équilibrer ces activités avec un peu de détente, il existe des spas impressionnants. Votre auteur pourra vous recommander le Bota-Bota spa-sur-l'eau, un spa contemporain magnifiquement aménagé dans un vieux traversier amarré au Vieux-Port de Montréal. Il prend des allures de paquebot chic au décor minimaliste et le circuit d'eau offre une expérience de spa flottant véritablement unique. Ou encore le Scandinave Spa Mont-Tremblant dans les Laurentides, idéal pour ceux qui se sont peut-être un peu trop amusés la nuit précédente.
C'est une baignade vivifiante dans la rivière du Diable, naturelle et vivifiante, dans un luxe absolu et un cadre idyllique. Les sentiers sont même chauffés pour rendre les visites hivernales confortables – car le luxe, c'est bien beau, mais personne ne veut contempler la pleine conscience pendant que ses pieds sont gelés. Cela dit, une baisse de la rivière Devil en décembre serait une proposition très différente de celle de l’été.

Après tout cela, on croirait que le Québec a épuisé sa capacité de surprendre. Vous auriez tort. C'est aussi une région viticole. En raison de la latitude élevée, les cépages locaux sont sélectionnés pour leur maturité précoce et leur résistance au gel, et les vins qui en résultent sont frais, vifs et légers. Ne vous attendez pas aux rouges lourds d'un climat plus méridional ici – ces vins sont délicats et aromatiques. Tout comme ce chou-rave, les vins du Québec vous surprennent – sans prétention au premier abord, mais d'une complexité qui surprend.
Nous avons visité le Château Ste-Agnès à Sutton – un magnifique domaine de 173 acres niché au milieu de milliers de vignes, avec de multiples terrasses surplombant les Appalaches. Je vous conseille également une halte midi pour une dégustation dans le cadre agréable du Vignoble Rivière du Chêne à Saint-Eustache, établi en 1998 sur le Chemin du Terroir dans les Basses-Laurentides.
Château Ste-Agnès, Sutton
Le Québec a également ce qu'il vous faut pour d'autres boissons. Le cidre est particulièrement populaire ici – le climat est parfait pour les pommes. Maintenant, si vous recherchez du délicieux West Country, je vous suggère de chercher ailleurs. Le producteur neutre en carbone Domaine Héritage de Frelighsburg produit certains des types les plus fins, avec des bulles fines et une bouche équilibrée rappelant le champagne, où leur approche biologique s'étend des vergers de pommiers jusqu'au produit fini.
C'est le goût que cela aurait si c'était pour finir l'école. Nous avons également visité Michel Jodoin, où l'on fabrique une gamme vertigineuse de produits à base de pommes – en particulier, cela vaut la peine d'essayer le cidre de glace, une spécialité québécoise locale à base de pommes congelées et encore concentrée par une lyophilisation du cidre jusqu'à 12 % ABV.
Domaine Héritage à Frelighsburg
Et c'est peut-être là le but : arrêtez de chercher des moments Instagram et laissez le Québec vous surprendre. Oui, Montréal est une ville vibrante, artistique et passionnante (même si moins on parle de la triste disparition des Expos, mieux c'est – certaines blessures sont encore trop fraîches, même après 20 ans), mais le vrai Québec – son goût, son âme – ne se retrouve pas dans les points forts des guides. Évitez la roue d'observation, ignorez le calendrier des festivals et laissez-vous plutôt tendre une embuscade par un chou-rave, charmé par un Basset Hound et ivre toute la journée de cidre de glace tout en descendant une rivière qui pourrait accidentellement vous emmener au Vermont.
C'est là que vit le vrai Québec. Pas sur les places culturelles de Montréal, mais chez un chef de ferme expliquant pourquoi il ne fait pas de cornichon, ou dans une maison bleue à Dunham où le petit-déjeuner est accompagné de fleurs. Je suis venu au Québec dans l'espoir d'être impressionné. Je suis parti tombé dans une embuscade tendue par un chou-rave, séduit par un fromage qui grince et convaincu que les meilleures surprises sont celles qu'on ne voit jamais venir.
Pour plus d'informations sur le Québec et pour commencer à planifier votre voyage, veuillez visiter le site officiel du tourisme au www.bonjourquebec.com.








