Une assiette de madeleines chaudes, une coupe de Champagne, une vue sur la Baie et une bande originale de vinyle français. Bon Délire constitue un argument convaincant pour un après-midi ou une soirée à San Francisco.
Je suis récemment retourné au restaurant Embarcadero, après en avoir écrit pour la première fois il y a plus d'un an. Ce qui m'a frappé cette fois-ci, c'est la façon naturelle dont le concept s'est installé dans son adresse au bord de l'eau. Bon Délire est à la fois ludique et adulte, avec la sociabilité facile d'un bistrot parisien et l'énergie d'une fabuleuse soirée en ville.
Le propriétaire Kais Bouzidi s'est inspiré de son éducation parisienne et de l'expérience familiale en restauration pour créer le modèle. Son portefeuille Kaisen Concepts comprend également Sens et Barchaavec Hayati qui rejoindra bientôt le groupe au Ferry Building. Chez Bon Délire, ses racines françaises transparaissent dans la gastronomie, le vin et le design. Le réglage Bay ajoute juste la bonne couche de panache.

Un esprit parisien, cadre San Francisco
Le restaurant occupe l'ancien espace Hard Water du Pier 3, où de hautes fenêtres encadrent l'eau. À l’intérieur, un bar en zinc moulé en forme de fer à cheval, visuellement saisissant, occupe le devant de la scène tandis que des banquettes et des tables hautes remplissent l’espace. Des films et vidéoclips français vintage apparaissent sur les murs.
Devant, des tables de café placent les convives directement sur l'Embarcadero. Il y a aussi un petit patio au bord de l'eau avec des comptoirs et une vue sur la baie. Selon l'heure de la journée, Bon Délire peut être l'endroit idéal pour un déjeuner tranquille, un apéritif, un vrai dîner français ou un cocktail en fin de soirée.


Français classique, avec une touche californienne
Le menu suit la même philosophie : des plats français reconnaissables, d'excellents ingrédients et quelques spéciaux du soir. Le steak tartare est accompagné d'une garniture traditionnelle et de chips de pomme de terre, tandis que les huîtres sont accompagnées d'une sauce cocktail et d'une crème au citron. La mayonnaise Œufs prend une touche de San Francisco avec le crabe dormeur. Les escargots arrivent avec de la marmelade d'échalotes et de porto et du beurre de persil, une combinaison qui rend le pain d'accompagnement pratiquement obligatoire.
Les croques sont particulièrement photogéniques. Le Croque Monsieur et le Croque Madame associent jambon parisien et gruyère. La sole meunière, un choix plus délicat, est préparée à la française classique.
Le brunch du dimanche a ses propres adeptes, avec des quiches, des omelettes, des salades et d'autres favoris français. C'est le moment particulièrement propice pour découvrir la personnalité du café Bon Délire, lorsque le café, les pâtisseries et une table en plein air donnent au bord de l'eau un aspect remarquablement continental.
Champagne, Cocktails et Madeleines
Pour les boissons, vous trouverez la Champagne, la Bourgogne, le Bordeaux et l'Alsace représentées au sein de la carte des vins. Les cocktails prennent une tournure plus expérimentale. Le Butter Paloma est un produit remarquable, composé de tequila Volcan lavée au beurre, de Mezcal Agave de Cortes, de soda au citron vert, à l'agave et au pamplemousse. L'Oaxaca Old Fashioned est également un gagnant, avec du Cazcanes Blanco, du Mezcal, du sucre et des bitters Peychaud et pamplemousse. Mais ne manquez pas les Spritz ;
Le dessert mérite son propre paragraphe car les madeleines méritent une place de choix. Ils arrivent fraîchement sortis du four avec des sauces anglaises et au chocolat. La mousse au chocolat Valrhona au sel de Maldon offre une autre finition riche, et lors de cette visite, une délicate crème brûlée Cara Cara était un délicieux dénouement du repas.

Vaut le retour
L'attrait de Bon Délire réside vraiment dans sa capacité à rendre la cuisine française plus vivante que formelle. Vous pouvez venir déguster du Champagne et des huîtres, rester pour un steak frites, ou simplement passer pour un cocktail et quelques madeleines. Le cadre au bord de l'eau rend l'expérience indéniablement San Francisco, tandis que la nourriture, la musique et le design maintiennent Paris fermement dans l'image.
J'ai eu le même compagnon de table lors des deux visites : une francophile engagée qui partage son temps entre San Francisco et Paris ; elle ne fait pas de compliments aux bistrots français des États-Unis à la légère. Son verdict, inchangé depuis cette première visite à celle-ci : très authentique. Venant de quelqu'un de particulier à propos de son croque monsieur, le compliment veut dire quelque chose.
Plus d'un an après ma première visite, Bon Délire a prouvé qu'il était construit pour plus d'une visite : c'est devenu un lieu où les gens sont heureux de revenir, encore et encore.
Photos de Hardy Wilson








