Niché dans l'étreinte en pierre mielleuse de Kingham, où les maisons sont à la fois spacieuses et généralement visitées uniquement le week-end, The Plough est le genre de pub des Cotswolds qui pourrait facilement profiter de son charme de carte postale parfaite, et qui a d'ailleurs été connu dans ses incarnations précédentes. Pourtant, sous la direction du propriétaire Matt Beamish et du chef cuisinier Ashleigh Farrand, le Plough ne se contente pas de se contenter de ses lauriers. Au lieu de cela, il offre une expérience culinaire qui équilibre la chaleur rustique et l'ambition gastronomique, dans un cadre superbement confortable qui incarne le charme des Cotswolds.
On arrive à The Plough avec l'attente d'une cuisine copieuse et sans fioritures, et le menu de Farrand ne déçoit pas. La salade lyonnaise, une entrée composée de frisée croustillante, de lardons au bacon et d'un œuf parfaitement poché, est une masterclass de simplicité. La vinaigrette, acidulée de moutarde et de vinaigre, tranche la richesse des lardons croustillants, tandis que le jaune d'œuf déborde comme un soleil liquide.
C'est le genre d'assiette qui fait pardonner aux Français leur arrogance culinaire occasionnelle. Les grattages de porc, quant à eux, sont une révélation. Ce ne sont pas les tristes et rassis snacks de pub d'autrefois, mais des éclats dorés et aérés de délice porcin, fondants dans la bouche et sur la langue. Franchement, ils créent une dépendance : une collation de bar élevée au rang d'art, avec une touche bienvenue de Frazzle.

Les plats principaux, cependant, sont ceux où The Plough fait preuve de ses muscles culinaires, non sans un hoquet. La barbue, scintillante et prometteuse sur son lit de verdure beurrée, arrive avec un hic : elle est criblée d'arêtes. Un poisson de ce pedigree mérite un meilleur filetage, et on ne peut s'empêcher de penser que l'ambition de la cuisine a ici dépassé sa précision. Chaque bouchée est un pari, avec une chair délicate et nacrée gâchée par des interruptions squelettiques occasionnelles. C'est dommage car la cuisine est par ailleurs irréprochable.
En revanche, le cuissard de chevreuil est un triomphe qui pourrait amener un végétarien à reconsidérer ses pitoyables principes. Servie rose vif, la viande est tendre mais robuste, sa profondeur de gibier amplifiée par un jus brillant relevé de genièvre et un accompagnement de légumes-racines rôtis qui ont le goût d'avoir été cueillis de la terre quelques instants auparavant. C'est le genre de plat qui exige le silence à table, à l'exception d'un murmure d'appréciation occasionnel.
Ma fille, moins encline à des plats aussi adultes, a été complètement charmée par son fish and chips. La morue, enrobée dans une pâte si croustillante qu'elle crépite pratiquement, cède à une chair feuilletée et blanche comme neige, tandis que les chips, de véritables géants coupés à la main, sont dorées et moelleuses à l'intérieur. Une touche de sauce tartare et un quartier de citron complètent le tableau, et son approbation rayonnante est plus éloquente que la prose de n'importe quel critique.
Pour arroser le tout, une carafe de Picpoul de Pinet s'avère un choix inspiré. Ce blanc du Languedoc, avec sa verve vive et citronnée, tranche superbement la richesse des aliments. Pour le gibier et la barbue plus consistants, nous nous tournons vers une bouteille de Vinha Grande de la vallée du Douro au Portugal, un rouge d'une telle élégance et profondeur, avec des notes de mûres mûres et un soupçon d'épices, qu'il ressemble à une bonne affaire à tout prix.
L'atmosphère est autant attrayante que la nourriture. La Plough dégage le charisme naturel des Cotswolds : des poutres basses, des sols en dalles et un feu qui crépite avec juste ce qu'il faut d'invitation. Le service est chaleureux, même s'il est parfois tendu pendant les moments les plus chargés, mais l'enthousiasme sincère et amical du personnel pour la nourriture et les boissons proposées compense les lacunes mineures.
The Plough n'est pas seulement un pub ; c'est une destination à part entière, un endroit où la beauté pastorale des Cotswolds rencontre le talent culinaire avec suffisamment d'audace pour vous faire pardonner ses défauts. On repart repu, charmé et préparant déjà son retour. Le week-end prochain est-il trop tôt ?
La charrue, le vert, Kingham, Chipping Norton, Oxfordshire OX7 6YD. Pour plus d'informations, y compris les détails des chambres et pour les réservations, veuillez visiter www.thekinghamplough.co.uk.








